Le Panthéon et son histoire


Vue générale du Panthéon (septembre 2005).
Au centre du fronton se trouve une allégorie de la Patrie, qui distribue des récompenses à ses enfants. A sa droite, la Liberté tresse des couronnes; à sa gauche, l'Histoire burine sur des tablettes les noms des lauréats. D'un côté se rangent les illustrations de l'ordre civil. Voltaire et Fenelon, Mirabeau et Laplace, David et Cuvier, Malesherbes et Monge, viennent recevoir le prix de leurs services. De l'autre côté, le premier consul mène au Panthéon les phalanges d'Arcole et de Marengo. Dans les angles aigus, David d'Angers a placé des jeunes gens se disposant, par des études sérieuses, à marcher sur les traces de leurs célèbres devanciers.


Les origines: le voeu de Louis XV

Depuis les abbés de Sainte-Geneviève, qui avaient rang d'évêque, souhaitaient qu'un monument plus important que l'église de l'abbatiale fût construit pour leur sainte au sommet du mont Lucotitius, point culminant de la rive gauche de Paris. Vers 1675, Claude Perrault, l'architecte de la colonnade orientale du Louvre, proposa l'édification d'une église sur le modèle d'une basilique romaine, mais le projet ne fût pas accepté.
En 1754, Louis XV, atteint d'une grave maladie, demanda l'intercession de Sainte Geneviève et promit de lui reconstruire son ancienne basilique. Dès sa guérison, il décida d'accomplir sa promesse.
Les plans en furent confié à Jacques Germain SOUFFLOT, à l'époque architecte du roi et intendant des bâtiments, protégé du Marquis de Marigny, . On décida d'en établir les plans sous forme de croix grecque dont l'avant se composait d'un péristyle soutenu par 22 colonnes corinthiennes. On décida d'établir au centre de la croix un dome identique à celui de Saint Pierre de Rome.
Le projet fût présenté au roi en décembre 1757 et accepté. Pour financer les travaux on modifia les règles de la loterie.
Pour être complet, il faut noter que, simultanément, Louis XV commanda à l'architecte Pierre Contant d'Ivry la construction de l'église 'concurrente' de la Madeleine située sur le Hameau de la Ville l'Evêque.Des lettres patentes signées par Louis XV en 1753 et 1757 attestent l'intérêt du roi pour La Madeleine : il en posa la première pierre, le 3 avril 1763

La construction

L'abbé de Sainte-Geneviève béni le terrain dès le 1er août 1758.
La construction des fondations et de la crypte dura 6 ans. Le 6 septembre 1764, Louis XV posait la première de l'édifice.
Mais peu de temps après, des fentes apparurent dans les soubassements du dome.

Ce tableau montre la cérémonie de la pose de la première pierre de la nouvelle église Sainte-Geneviève, le 6 septembre 1764, devenue le Panthéon sous la Révolution. C'est à la suite d'un pèlerinage d'action de grâce à la patronne de Paris que Louis XV décida en 1754 de lui dédier une nouvelle église. La construction fut réalisée par l'un des grands architectes néoclassiques, Soufflot. On éleva, lors de la cérémonie, un modèle de la façade grandeur nature, en charpente recouverte d'une toile peinte réalisée par De Machy et Callet. Au centre du tableau, dans la foule on reconnaît le roi, seul personnage en chapeau. Il est suivi du dauphin, de l'abbé de Sainte-Geneviève, du marquis de Marigny (surintendant des bâtiments) ainsi que de Soufflot, qui lui présente son projet. Un grand dessin préparatoire à la plume et au lavis de bistre pour cette composition est également conservé à Carnavalet.



Vue du plan en croix du Panthéon



Vue du plan en croix du Panthéon



Ecorché du Panthéon où l'on remarque la double voûte du dôme.



Vue du Panthéon en travaux



Détail des voûtes du Panthéon



Il apparût que, construit sur un terrain miné par les fosses servant aux potiers romains à récupérer de l'argile à poterie, n'avait pas été suffisemment consolidé.
Soufflot mourût prématurément de craintes en 1780. Mais la construction se poursuivit sous la direction de ses associés BREBION et RONDELET.
Interrompue pendant la guerre d'Angleterre pour des fraisons financcières, elle reprit en 1783.

Au total, l’église en forme de croix grecque fait 110 mètres de long par 82 mètres de large et son dôme culmine à 83 mètres. Avant la construction de la tour Eiffel, c’était le point le plus haut de Paris. Le dôme est constitué d’un tambour de colonnes qui évoque un temple circulaire gréco-romain. Il supporte trois coupoles successives surmontées d’un lanternon. C’est le premier dôme construit en France exclusivement en pierre. Pour le construire, Rondelet s’est inspiré du dôme de Saint Paul à Londres, des Invalides. Les 17 000 tonnes du dôme sont supportées par des colonnes rassemblées en cercle. Son poids repose sur des arc-boutants qui sont dissimulés dans l’épaisseur des murs externes. Du métal a aussi été utilisé pour renforcer le tout. Mais aujourd’hui cette innovation est le talon d’Achille du bâtiment : le métal fait éclater la pierre à l’intérieur de l’église. Ce qui fait qu’on ne peut pas s’y promener partout.

La révolution

A la mort d'Honoré Riquetti Mirabeau, le 2 avril 1791, on se mit à songer à imiter l'Angleterre qui réunissait les tombes des grands hommes dans Westminster, comme d'ailleurs on le faisait à Saint-Etienne-du-Mont. Certains proposaientt la Rotonde de la Villette tandis que d'autres proposaient le Champ de Mars.
Après un discours de Mr PASTORET au Directoire le 3 avril proposant la nouvelle église Sainte-Geneviève, on envoya le même jour une délégation à l'assemblée constituante.
La proposition concernant Mirabeau, les héros futurs, ainsi que Descartes, Voltaire et Rousseau fut adoptée par acclamation le jour même.
Sous le rapport de Le Chapelier, l'assemblée vota le décret d'application dès le 4 avril 1791.

Décret du 4 avril 1791
1- Le nouvel édifice de Sainte-Geneviève sera destiné à recevoir les cendres des grands hommes, à dater del'époque de la liberté française.
2- Le corps législatif décidera seul à qui cet honneur sera destiné.
3- Honoré Riquetti Mirabeau est jugé digne de recevoir cet honneur.
4- La législature ne pourra pas à l'avenir décerner cet honneur à un de ses membres venant à décéder; il ne pourra être déféré que par la législature suivante.
5- Les exceptions qui pourront avoir lieu pour quelques grands hommes morts avant la Révolution ne pourront être faites que par le Corps législatif.
6- Le Directoire du département de Paris sera chargé de mettre promptement l'édifice de Sainte-Geneviève en état de remplir sa nouvelle destination, et fera graver au dessus du fronton ces mots: "Aux grands hommes la patrie reconnaissante".
7- En attendant que la nouvelle église Sainte-Geneviève soit achevée, le corps de Riquetti Mirabeau sera déposé à côté des cendres de Descartes, dans le caveau de l'ancienne église Sainte-Geneviève.



Les premières inhumations

L'Assemblée constituante n'envisageait alors nullement d'enlever la basilique aux Génovéfains surtout en considérant que les obsèques de Mirabeau furent célébrées religieusement le 4 avril en soirée.
L'office fût célébré à Saint-Eustache vers 16 heures et il était 22 heures lorsque le cortège funéraire long d'une lieue se dirgea vers Sainte-Geneviève. Le cercueil de Mirabeau fût déposé dans la crypte de l'abbatiale àprès minuit.
Puis ce fût Voltaire qui y fût déposé quelques mois après,le 12 juillet 1791. Chassé par la révolution avec les moines de l'abbaye de Seillères où il reposait, son corps fût entreposé dans la petite église de Romilly sur Seine près de Troyes.Ce fût un décret de l'Assemblée qui décida de son transfert à l'église Sainte-Geneviève. Et ce n'est qu'à la suite d'une pétition d'août 1791 réclamant l'installation de Rousseau que l'on proposa le nom de Panthéon pour la nouvelle église. Cette pétition fût adoptée par décret le 27 août 1791 mais son exécution fût retardée.
Le 17 août 1792, l'assemblée législative ordonnait que l'on rapporte le corps de Beaurepaire au Panthéon. Celui-ci, forcé de laisser les Prussiens prendre Verdun, s'était suicidé en plein conseil municipal. Les circonstances en empêchèrent la réalisation.
Cependant, des travaux furent entrepris pour enlever les caractère religieux apparents de l'Eglise:
On détruisit les sculptures du fronton représentant une gloire rayonnante entourée d'anges et les bas-relief du peristyle illustrant quelques épisodes de la vie de Sainte-Geneviève. Motte sculpta au fronton un autel chargé de couronnes devant lequel se trouve la Patrie entourée de la Vertu et de la Raison. Sous le péristyle, Boichet sculpta dans le bas-relief du centre "une déclaration des droits de l'homme" avec les déesses de la Liberté, de l'Egalité et de la Nature se donnaient la main. Lesueur, Roland, Claudet et Fortet firent les autres bas-reliefs du péristyle représentant "L'Institution du Jury", "L'Instruction Publique","L'Empire de la Loi" et "Le guerrier mourant pour la Patrie sur le champ de bataille".
Les quatre nefs furent également modifiées: Elles furent consacrées successivement à la Philosophie, les Vertus Patriotiques, les Sciences et les arts.
Le 21 janvier 1793, Michel Lepelletier de Saint-Fargeau était assassiné pour avoir voté la mort de Louis XVI. La convention décida de le placer au Panthéon ainsi que Marat.
Le 25 novembre, à la tribune de l'assemblée, Marie-Joseph Chénier démontra que Mirabeau avait reçu de l'argent de la Cour; il proposa de remplacer Mirabeau par Marat; la translation fut exécutée le 22 septembre 1794.
Le 15 octobre 1794, le corps de Rousseau, tiré de l'ile des Peupliers à Ermennonville où il reposait, fut déposé au Panthéon.

"Trois ans et demi après, on rejetait du temple des grands hommes, par une porte latérale, les restes impurs du royaliste Mirabeau."
Le Moniteur du 9 thermidor.


Le tour de Rousseau vint le 9 octobre 1794 (18 vendémiaire an III), sous l'impulsion d'une délégation d'Ermenonville et de Groslay. Le 11 octobre, l'urne contenant les cendres de Jean-Jacques ROUSSEAU rejoignirent le Panthéon.
Un revirement de l'opinion populaire voua au début de 1795 la proscription de Marat. Marat qui avait chassé Mirabeau du Panthéon en fût à son tour arraché le 8 février 1795 et jeté dans l'égout de Montmartre alors que Mirabeau avait été enterré dans le cimetière de St Etienne du Mont.


Restitution du Panthéon au culte sous le 1er empire

Le Panthéon, inachevé pendant la révolution, était resté avec sa grande grue en place et se délabrait à chaque hiver; Mercier, après une visite fin 1795 le décrit avec ses échafaudages en place, la poussière de plâtre et les gravas de la construction inachevée; le 27 mars 1796, le fils SOUFFLOT repris la direction des travaux suivi de RONDELET à partir du 3 mai 1801.
Napoléon conçut le projet de rendre le Panthéon au culte sous le nom de Sainte Geneviève sans lui oter son caractère de vocation à perpétuer le souvenir des grands hommes.
Napoléon Ier visita l'édifice le 13 février 1806 et alloua une somme de 600 000 francs pour des travaux de consolidation du dôme. Le décret impérial du 20 février 1806 en décida ainsi:
L'Eglise de Sainte-Geneviève sera terminée et rendue au culte, conformément à l'intention de ses fondateurs, sous l'invocation de Sainte Geneviève, patronne de Paris. Elle conservera la destination qui lui avait été donnée par la Constituante, et sera consacrée à la sépulture des grands dignitaires, des grands officiers de l'Empire et de la Couronne, des sénateurs, des grands officiers de la Légion d'honneur, et, en vertu de nos décrets spéciaux, des citoyens qui, dans la carrière des armes ou dans celle de l'administration et des lettres, auront rendu d'émminents services à la patrie.
Leurs corps embaumés seront inhumés dans l'église. Le chapitre métropolitain de Notre Dame, augmenté de six membres, sera chargé de desservir l'église Sainte-Geneviève. La garde de cette église sera spécialement confiée à un archiprêtre, choisi parmi les chanoines.

Ainsi, bien que l'église soit rendue au culte, elle devait échapper à l'autorité des Genovefains, dissous, dont l'interdiction des voeux fit l'objet d'un décret de la Constituante en date du 13 février 1790.
De 1806 à 1811, le gouvernement consacra 2 266 050 francs à l'achèvement de l'église SAinte-Geneviève. L'Empereur ordonna également la décoration de la voute du dôme. Gros fut chargé de réaliser une fresque représentant l'Apothéose de Sainte-Geneviève protectrice des grands souverains français.

Inauguration de l'église Sainte-Geneviève par Louis XVIII

En 1813, Baltard père fut nommé architecte de l'édifice. Il donna les dessins pour les futures portes monumentales en bronze existant encore actuellement.
En mai 1814, le fait est rapporté par le bibliophile Jacob, les ossements de Voltaire et Rousseau furent enlevés de leur caveau, pour être inhumés discrètement et de nuit dans un terrain vague près de la barrière de la Gare à Bercy.
Le 12 décembre 1822 parut l'ordonnance de Louis XVIII livra l'édifice aux missionnaires de France sans bouleverser les sépultures existantes.
L'inauguration eût lieu le 3 janvier 1823, jour anniversaire de la mort de Sainte Geneviève. A cette occasion, on remplaça l'inscription 'Aux grands hommes la patrie reconnaissante' par 'D.O.M. SUB INVOC. S. GENOVEFAE LUD. DICAVIT, LUD XVIII RESTITUIT'.
Pour cette occasion, la voute de la coupole supérieure représentant l'apothéose de Sainte Geneviève prévue initialement avec Clovis, Charlemagne, Saint-Louis et Napoléon 1er, celui-ci fut finalement "remplacé" par Louis XVIII. En 1829, Jacques-Germain SOUFFLOT, décédé le 27 août 1780, fut translaté du cimetière de la vieille abbaye et re-inhumé à Sainte-Geneviève.


La révolution de 1830 et le retour au Panthéon

Un des pemiers actes de la révolution de 1830 fût le rétablissement du Panthéon. Louis-Philippe fit alors paraître le 26 août 1830 l'ordonnance suivante:
Notre conseil entendu, considérant qu'il est de la justice nationale et de l'honneur de la France que les grands hommes qui ont bien mérité de la patrie en contribuant à son bonheur et à sa gloire reçoivent, après leur mort, un témoignage éclatant de l'estime et de la reconnaissance publique.
Considérant que pour atteindre ce but, les lois qui avaient affecté le Panthéon à une semblable destination doivent être remises en vigueur, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:
Art 1er: Le Panthéon sera rendu à sa destination primitive et légale; l'inscription 'Aux grands hommes la patrie reconnaissante' sera rétablie sur le fronton. Les restes des grands hommes qui auront bien mérité de la patrie y seront déposés.
...


Le 11 décembre 1830, le ministre de l'intérieur, fit paraître un projet de loi de rétablissement du Panthéon qui ne vit jamais le jour:
Extraits:
En exécution de la loi du 4-10 avril 1791, le Panthéon sera de nouveau consacré à recevoir les restes des citoyens illustres qui ont bien mérité de la patrie.L'inscription 'Aux grands hommes, la patrie reconnaissante', sera rétablie sur le fronton. Les honneurs décernés seront ou un mausolée, ou une inscription gravée sur une table de marbre. Les honneurs ne seront accordés qu'en vertu d'une loi, et dix ans au moins après le décès du citoyen qui en sera l'objet. Néanmoins, au 29 juillet 1831, premier anniversaire de la révolution de 183O, les restes de Foy, Larochefoucault-Lisancourt, Manuel et Benjamin Constant seront porté au Panthéon. "Seront gravées sur les murs du Panthéon les inscriptions suivantes:
'Aux guerriers morts pour la patrie'
'Aux héros des journées de juillet'; les noms seront gravés au bas de cette inscription.
La présente loi sera gravée sur les murs du Panthéon."

Ce projet ne vit jamais le jour mais quatre tables de bronze furent placées pompeusement le 27 juillet 1831 en présence de, Louis-Philippe et ses fils, l'empereur Don Pedro, des ministres et maréchaux de France. Quatre tableaux avaient été commandés à Gerard par Charles X, la Mort, la Patrie, la Justice et la Gloire.Mort en 1847, ces tableaux furent achevés par ses élèves.
Pour compléter la décoration extérieure, David d'Angers sculpta le bas-relief du fronton. Dans les cadres ménagés sous le péristyle, le statuaire Nanteuil représenta un magistrat bravant le poignard d'un assassin, un guerrier refusant les palmes de la Victoire, les Sciences et les Arts travaillant à la gloire de la nation, l'Instruction Publique accueilant des enfants amenés par leurs mères. Dans le médaillon central, il disposa d'un groupe représentant la Patrie qui console, en lui offrant une palme, un citoyen mourant dont la Renommée proclame les hauts faits. D'autres travaux et aménagements furent réalisés sous la direction des architectes Rondelet fils, Baltard et Destouches. Il s'agissant du dallage et des escaliers du perron, de la grille de cloture, le nivellement du pourtour et de portes en chêne.

En 1849, Jean Bernard Léon Foucault entreprit de démontrer la rotation de la terre en 24 heures à l'aide d'un pendule suspendu à la voute du dome.
L'expérience débuta le 31 mars 1851 et fut interrompue en décembre à cause du coup d'état. Une boule de plomb recouverte de cuivre de 28 kg était suspendue à l'extrémité d'un filan d'acier de 67 mètres. D'une amplitude de 6 mètres, et d'une période de 16 secondes, le pendule présentait une déviation de 2,5 mm à chaque battement.

La même expérience fut reprise en 1902 par Camille Flammarion puis à nouveau en 1995 avec le même pendule.

IIème république: retour du Panthéon au culte de Sainte-Geneviève

Le 6 novembre 1851 parût un décret ainsi rédigé:
Le Président de la République, futur Napoléon III, sur proposition du ministre des cultes, vu la loi des 4 et 10 avril 1791, vu le décret du 20 février 1806, vu l'ordonnance du 12 décembre 1821 et celle du 26 août 1830,décrète:
L'ancienne église Sainte-Geneviève est rendue au culte, conformément à l'intention de son fondateur, sous l'invocation de Sainte-Geneviève, patronne de Paris. Il sera pris ultérieurement des mesures pour régler le culte catholique dans cette église. L'ordonnance du 26 août 1830 est rapportée. Le ministre des cultes et le ministre des travaux publics sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret qui sera inséré au Bulletin des Lois.
La cérémonie de reprise du cilte eut lieu le 3 janvier 1852.

Ce décret n'abroge pas l'ordonnance de Louis-Philippe, maintenant le caractère de sépulture nationale voulue par la révolution.
Un second décret du 22 mars 1852 fixe les conditions d'exercice du culte.
Ne s'agissant pas d'une paroisse ni de l'église d'une congrégation, l'Etat en avait ainsi fixé les modalités d'exercice:
Une communauté de prêtres est établie pour desservir l'église Sainte-Geneviève de Paris. Cette communauté est composée de six membres qui prennent le titre de chapelains de Sainte-Geneviève, et d'un doyen. Les chapelains de Sainte-Geneviève sont institués aux fins de:
1-se former à la prédication.
2-prier Dieu pour la France et pour les morts qui auront été inhumés dans les caveaux de l'église.

Organisation du clergé
Le Doyen du chapître de Sainte-Geneviève, chargé de la direction du culte et du personnel dans l'église, est nommé pour cinq ans par l'archevêque de Paris et approuvé par le chef de l'Etat. Il ne peut être renommé qu'après cinq autres années revolues. Les chapelains sont choisis pour cinq ans, à la suite d'un concours auquel sont admis tous les prêtres français âgés de moins de trente-cinq ans et autorisés par l'évêque de leur diocèse.
Le concours se compose de trois épreuves:
1-un sermon écrit sur un sujet donné au candidat en l'instant
2-un sermon improvisé sur un sujet donné au candidat en l'instant
3-une argumentation théologique
Le premier sermon doit être rédigé en douze heures avec le seul secours d'une bible non commentée. Le second sermon, oral, est présenté après deux heures de préparation et doit au moins durer trente cinq minutes. Le point de doctrine théologique est préparé pendant trois jours. Les juges du concours sont au nombre de huit choisis par l'archevêque de Paris.
Les chapelains sont astreints à prêcher au moins une fois par mois dans l'église Sainte-Geneviève et le doyen doit faire , tous les huit jours, une conférence ur l'éloquence sacrée à laquelle tous les membres de la communauté sont tenus d'assister. Les sociétés de Saint-Vincent-de-Paul et de Saint-François-Xavier, les sociétés de secours mutuels, de patronage, les corporations d'arts et métiers, peuvent tenir, dans l'église Sainte-Geneviève leurs séances solennelles, leurs assemblées religieuses, et y célébrer leurs fêtes patronales avec la permission du doyen.

Etat de l'église Sainte-Geneviève sous le second empire
Passé le fronton de David d'Angers et les portes de bronze, on aperçoit, en plus de l'autel de l'absyde en marbre blanc, deux autels, l'un dédié à Sainte Geneviève, l'autre dédié à Saint Louis. L'autel du fond, est séparé par une balusrade de communion de fer forgé doré et ciselé et entouré de stalles en bois. Les sept portes principales, en bronze, ont été fondues par Mrs Simonnet père et fils, sur des modèles de Constant Dufeux, architecte. En 1852, on installe l'orgue de Cavallié-Coll. Puis, le péristyle s'orne de deux nouveaux statuaires d'Hippolyte Maindron 'Attila et Sainte Geneviève' en 1857 et 'La conversion de Clovis par Saint Remi' en 1865.
Les trois grandes portes de la façade ont été composées par Mr Destouches. Celle du centre est haute de huit mètres. Dans le sous-sol, le second caveau de droite sont inhumés séparément les dignitaires de l'Empire de confession protestante: le sénateur Perregaux, le vice-amiral de winter, le comte Reynier et le lieutenant général de Winter.
En 1853, deux groupes de marbre furent commandés au sculpteur Maindron : "Attila et Sainte-Geneviève" et "Clovis recevant le baptême" encadrent aujourdhui la porte centrale sous le péristyle.



IIIème république: Le Panthéon de 1871 à nos jours

C'est la Troisième République qui rétablit définitivement le Panthéon après la mort de Victor Hugo en 1865 par un décret de Jules Grevy.
Le Panthéon sera le quartier général des 'Communards'. C'est lors de la reprise de Paris par les Versaillais que sera fusillé, à genoux sur les marches, Jean-Baptiste Millière.